Le Menteur

Mentir c’est pas beau

Affreux, bêtes et méchants.

« Tes mensonges sont cousus de fil blanc. Attention, tu finiras par y croire et tu seras bien le seul.
Les mesonges rendent bêtes et la bêtise et la méchanceté sont sœurs ! Le sais tu ? Et pour ne rien arranger, ils rendent laids ceux qui les disent : ne dit on pas que mentir, c’est laid ? »

Ainsi me sermonait ma maman en découvrant le pot de confiture vide dans le buffet de l’arrière-cuisine et nettoyant derrière moi les traces collantes imprimées sur le carrelage par la semelle de mes botines. « C’est pas moi ! » et puis j’avais promis de ne pas y toucher avant le goûter. -« Pourquoi moi ? C’est Pierre ! Ou Jacques ou Véronique »
-« Mais ils ne sont pas là ! » « Pierre est au judo, Jacques à la musique et Véronique à la piscine avec sa copine »
– « Alors, c’est arrivé tout seul ! »
– « Et en plus tu as marché dedans et il y en a sur ton nez ! Il est au milieu de ta figure ! Il va grossir, changer de couleur et se transformer en crapeau et tu seras un affreux ! »

J’écoute hier notre jeune président, pris le doigt dans le pot de confiture, la figure encore toute barbouillée de ses forfaits, bafouillant et begayant ses mensonges en carton pâte et en polyester extensé : » c’est pas moi, je vous le jure ! Ce sont les gilets jaunes ! Les syndicats sont manipulés !
J’ai été élu, moi ! J’ai été élu moi ! Je suis un homme important, moi!Je suis président moi ! »

Chaque mot, chaque phrase tombe et s’étalle sur le parquet vernis de l’Elysée comme des bousesmal ruminées, des molards de milliardaires chassieux, encore jeune mais sénile dans la tête.
Je me demande en le regardant si ça aussi n’est pas factice ! « Belzebuth !Sors de ce corps » : un esprit véreux bien asticoté dans un suaire bien tendu derrière les oreilles et dans l’anus pour donner à la silhouette un air juvénil.
C’est râté, ça ne trompe personne, à cause de l’odeur qui suinte et transperce les écrans LCD obligeant l’utilisateur à couper la connexion pour respirer.

La vérité sort de la bouche des enfants dit on. Peut être, en tous cas, l’enfant qui ment le fait sans calcul, naivement, à la limite avec sincérité. Son mensonge en perd sa malignité et son caractère même de mensonge. On ne pardonne pas à l’enfant qui ment, il n’en a pas besoin, car on l’aime ce gosse maladroit qui rougit quand il dit que c’est lui et que c’est personne, que ça s’est fait tout seul.
Mais notre président n’est malheureusement pas un sâle gosse : ça se corrigerait, on peut éduquer, aimer un sâle gosse, le faire jouer au foot, lui apprendre le dessin, la musique, la mécanique, la couture. Il ne demande que ça le sâle gosse : être reconnu, être aimé pour ce qu’il fait : « Ah, c’est joli ce que tu as fait ! » « C’est gentil de m’avoir aidé » Le sâle gosse, il ne lui faut pas grand-chose pour oublier ses mensonges tout gêné et il te prend la main.
Mais l’autre, il ne rougit pas, il n’en a pas la sensiblité. Mieux, il prétend nous instruire de la vérité de ses contre-vérités! Il a les moyens de nous y contraindre, il est la loi et son bras armé en même temps : attention aux yeux !

C’est pourquoi, nous ne pouvons pas parler de sâle gosse pour cet être qui occupe le Palais en bien mauvaise compagnie : un ancien proxénète et son beau père pour soutiens, une traficante de drogue pour la communication, donc spécialiste en création et promotion de mensonges, des hommes de mains.

Comment qualifier les mensonges de cette bande sans morale et imbue d’elle même : les mots propagande, bourrage de crâne, nous viennent à l’esprit mais on sent bien que c’est autre chose.
On est au-delà. Un mur a été franchi, pas celui du son et même pas celui des cons.
Pour mentir, il faut des mots. Comment mentir quand les mots même ne sont sont plus que des coquilles, des œufs surprises de chez Kinder, sauf qu’il ne s’en échappe qu’une odeur de pourri
qui ne fait plus rire personne dans les fêtes.
Liberté, Universalité, République, Démocratie, Humanisme, Justice, Solidarité, Progrès, Nature …Ces êtres s’en sont pris au sens même des choses et nous lancent à la tête des mots creux qu’ils ont eux même évidés de leur contenu. Le mensonge leur est par essence inconnu : il n’est de vérité que la leur, celle des premières pages de magazine, glacées, tellement glacées qu’elles nous font froid dans le dos, glacées comme leurs maisons marbrées décorées de grandes plantes vertes, toutes du même vert, parfaitement et uniformément vertes, sans chenilles, sans pucerons, sans feuilles changeantes, sans feuilles sur le sol. Glacé.
Mais leurs mots occupent l’espace, ils prennent toute la place, se gonflant jusqu’à pêter comme des
spectres sortis d’un film d’horreur. Leurs mots ne sont pas des mensonges, ils ne travestissent pas
la vérité, ils en prennent la place, toute la place.

À la vérité, le vrai menteur dans cette histoire, c’est moi. Pour tout vous dire j’écris ce texte ce mardi 31 décembre. La cloche de l’église du village vient de sonner 17 heures.
Du reste, j’ai d’autres choses à faire ce soir que d’écouter un discours creux et par ailleurs, je me suis laissé dire qu’une coupure de courant est prévue, générale, sur toute la France, ce soir 31 Décembre à 20 heures. Alors, préparez des bougies et des lampes de poches et organisez une partie de Colin-maillard.

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